Retrouver la sécurité et une nouvelle vie au Japon, loin de chez soi.
~ La puissance du vêtement n°26 ~
Dans ce volume n°26, nous nous entretenons avec Massamba, originaire de la République démocratique du Congo et employé du magasin UNIQLO Ginza. Ancienne colonie belge désormais indépendante, la République démocratique du Congo est menacée de guerre civile et d’instabilité sociale, avec un nombre croissant de la population qui fuit le pays. L’oppression de son pays natal a empêché Massamba de vivre une vie normale, où il était professeur de géographie et de mathématiques. Il y a 16 ans, un de ses amis fonctionnaires l’a poussé à trouver refuge au Japon.
Se promenant dans les rues, l’air désemparé, il entendit une voix lui demander : « Quelque chose ne va pas? »

Notre entretien avec Masamba s'est déroulé dans la partie réservée au personnel du magasin. Il sait écouter et s'exprime avec douceur.
Après avoir quitté la République démocratique du Congo où il est né, Masamba a pris plusieurs escales avant d'atterrir au Japon. Il n'avait ni famille ni amis, et ne parlait pas la langue. Il avait réservé une nuit dans un hôtel à Ginza, mais savait qu'il devait trouver un endroit moins cher où loger pendant qu'il demandait le statut de réfugié. Cependant, il n'avait aucune idée de l'endroit où aller ni de la manière de commencer les démarches. C'était en 2008, il ne possédait pas de téléphone intelligent.
Le lendemain matin, Masamba est sorti de l’hôtel et s’est promené dans Ginza avec sa valise. Il devait avoir l’air perdu, car un Japonais s’est approché de lui et lui a demandé en anglais : « Quelque chose ne va pas? Vous cherchez quelque chose? »
Le visage de l'homme étant aimable, Masamba lui a souri et lui a répondu :
« J’aimerais savoir où je peux m’inscrire pour demander le statut de réfugié auprès des Nations Unies. »
« Nous trouverons une solution », lui dit l’homme avant de le ramener dans les bureaux de son entreprise. L’homme et ses collègues ont cherché l’adresse et ont appelé avant de lui donner une adresse sur un bout de papier.
« C’est là que vous devez aller », lui dirent-ils. « Est-ce que vous allez pouvoir prendre le métro tout seul? »
« Je suis arrivé hier. Je ne sais pas du tout comment ça fonctionne ici. »
« Avez-vous de l’argent? »
« Un peu. »
« D’accord, donner cette adresse à un chauffeur de taxi, il vous y conduira. » Et il lui appela un taxi.
Située au centre du continent africain, la RDC est le 11e pays le plus vaste au monde. Les climats vont des montagnes glaciaires à la frontière orientale aux forêts tropicales humides, en passant par les plateaux et les bassins étendus. Située dans le bassin du fleuve Congo, la capitale Kinshasa est une ville moderne dont la population est comparable à celle du centre de Tokyo. La dictature a cédé la place à la guerre civile et, selon les estimations du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), plus de huit millions de personnes ont fui leur foyer.
History
Colonie belge du XXe siècle, le territoire acquit son indépendance en 1960, mais les assassinats et les coups d’État se succédant. Le pays plongea dans un état de guerre civile constant. Rebaptisé Zaïre en 1971, puis République Démocratique du Congo en 1997, le pays n’est toujours pas parvenu à une stabilité politique.
Économie
L’un des pays les plus pauvres du monde, bien qu’il soit doté de riches ressources minérales. Le rapport « Mineral Commodity Summaries 2024 » indiquait que le pays se plaçait au premier rang mondial des réserves de cobalt, au 4e rang pour le cuivre, et au 8e rang pour l’étain, mais celles-ci financent aussi les conflits, si bien que la population ne bénéficie guère de cette richesse.
Culture
Avec sa grande diversité d’ethnies et de langues, ainsi que la marque laissée par des années sous l'autorité belge et l’influence du christianisme, dont 80% de la population se revendique, il est difficile de trouver un élément culturel unique emblématique du Congo. Le système scolaire n’est pas suffisamment efficace pour couvrir de façon adéquate toute la population.
Choc culturel et futon
En arrivant à Shibuya, Masamba a essayé de payer le taxi en dollars américains, mais le chauffeur a réagi avec mécontentement et lui a dit : « Je ne peux pas accepter ces dollars. » C’était toutefois tout ce qu’il avait. Le chauffeur l’a donc conduit à une banque pour changer l’argent en yen. Alors qu’il remplissait les formulaires de change, un autre Africain rentre dans la banque et est venu vers lui. « Quelque chose ne va pas? » lui a-t-il demandé. Masamba lui a expliqué la situation et l’autre Africain lui a répondu : « Mais l’adresse où tu te rends est celle d’une association qui aide les demandeurs d’asile, ce n’est pas là qu’on peut déposer sa demande d’asile. ». Masamba remerciait donc le chauffeur et payait ce qu’il lui devai, puis, en compagnie de son nouvel ami, ils se sont dirigés vers un poste de police.
Le policier en service lui a donné quelques directives utiles. « Dirigez-vous vers l’Association japonaise pour les réfugiés (Japan Association for Refugees ou JAR) », lui a-t-il dit, avant de lui donner une nouvelle adresse et de faire appel à un autre taxi. À l’association, Masamba a reçu des instructions sur la procédure à suivre pour demander le statut de réfugié auprès du bureau de l’immigration. On lui a également remis un plan de Tokyo, des informations sur la vie dans la ville et un endroit où il pourrait séjourner à court terme. À la résidence, il a été surpris de découvrir qu’il ne dormirait pas dans une chambre avec un lit, mais sur un futon posé à même le sol de tatamis. Il n’avait jamais vu de futon de sa vie. C’est ainsi qu’aidé par des inconnus, il a pu terminer sa deuxième journée au Japon, une journée très longue, en toute sécurité.
Fuir un pays déchiré par la guerre
Je suis né en 1975 à Mbanza-Ngungu, ville située dans l’ouest de la RDC, à environ 100 km au sud-ouest de la capitale Kinshasa. Elle abrite une population de quelque 100.000 habitants et est le siège de l’Université Kongo. Depuis l’indépendance, les conflits se poursuivent au Congo, avec des assassinats et des coups d’État assez régulièrement. Beaucoup de Congolais ont perdu la vie, mais quitter le pays n’est pas chose facile.
Les premières élections présidentielles et législatives ont eu lieu en 2006, mais après avoir affiché mon soutien au parti d’opposition, j’ai commencé à craindre pour ma sécurité. « Tu ferais mieux de quitter le pays rapidement, sinon tu seras arrêté » m’a dit un ami qui travaille au gouvernement.
La République démocratique du Congo ayant été une colonie belge, notre langue officielle est le français. La culture européenne m'est donc familière. Avant de quitter le Congo, j'ai pensé me rendre aux consulats français et britannique pour demander un visa. Malheureusement, ils étaient submergés par des gens comme moi qui se précipitaient pour déposer leur demande, et de longues files d'attente se formaient dès 4 heures du matin.
Je demandais de nouveau conseil à mon ami qui me dit que je ne pouvais plus attendre, que c’était trop dangereux pour moi : « Prends ça et dépêche-toi de te rendre à l’Ambassade du Japon, » me dit-il en me remettant un passeport de service qu’il avait réussi à m’obtenir. c'est ce que je fis, et j’obtins un visa pour le Japon le jour même. Sans plus attendre, je fis mes bagages et organisais mon voyage.
Au pays, j’enseignais la géographie et les mathématiques. J’avais comme image du Japon, un pays développé, de haute technologie. Mais je ne connaissais absolument rien de sa langue ou de la culture. Beaucoup d’Africains trouvent refuge en Europe, mais je n’avais jamais entendu parler de quelqu’un qui avait fui au Japon. Mais puisque j’avais obtenu un titre de séjour, je me dis que je ne devais pas laisser passer ma chance.
Du statut de réfugié à l'employer
Voici un aperçu des étapes à suivre pour obtenir le statut de réfugié au Japon.
1. Demande d’asile
Après l’arrivée au Japon, faite une demande d’asile auprès de l’Agence des Services de l’Immigration. Consiste à la soumission de formulaires dûment remplis et un entretien.
2. S’adresser à l’Association japonaise pour les réfugiés (Japan Association for Refugees, JAR) ou au Centre d’aide des réfugiés (Refugee Assistance Headquarters, RHQ)
Ces organismes offrent une aide financière aux demandeurs d’asile dans le besoin, pour couvrir le quotidien, l’hébergement et les frais médicaux.
3. Activités spécifiques
Un permis de séjour limité dans le temps pour activités spécifiques est délivré, permettant d’attendre légalement au Japon la décision concernant le statut de réfugié.
4. Statut de réfugié
Si le statut de réfugié est accordé, il devient alors possible de s’installer définitivement et de travailler au Japon. Le RHQ propose aux personnes ayant obtenu ce statut un programme d’aide à l’installation au Japon, qui comprend des cours de japonais, une initiation à la vie au Japon et une assistance pour trouver un emplo
5. Emploi
Une fois au courant des coutumes pour travailler au Japon, le réfugié peut se mettre à la recherche d’un emploi, tout en continuant à perfectionner ses connaissances de la langue japonaise. Les entreprises recrutant activement des réfugiés ne représentent encore qu’une minorité.
Le poulet sauté ouvre des portes
J'ai commencé à mettre de l'ordre dans mes affaires. JAR a été très gentil et patient, m'aidant à remplir tous les formulaires. Une fois les formalités administratives terminées, je me suis rendu au bureau de l'immigration, mais demander le statut de réfugié n'était pas aussi facile que cela. Mon passeport de fonctionnaire posait problème. En vérité, mon ami savait que si nous avions utilisé mon vrai nom, j'aurais pu être arrêté en quittant le pays. Il a donc utilisé un nom courant qui, par hasard, était également très répandu dans le régime politique. Mon visa avait été délivré immédiatement, car j'avais demandé à me rendre au Japon en tant que fonctionnaire.
Aux yeux du gouvernement japonais, utiliser un faux nom sur son passeport était contraire aux règles, quelle qu'en soit la raison, ce qui signifiait que je ne pouvais pas demander l'asile. Ma demande a été rejetée et je n'ai reçu qu'une carte d'enregistrement d'étranger. Mais cela ne me donnait pas le droit de travailler. Sans statut de réfugié, je devais trouver une autre solution si je voulais rester au Japon. En me rendant au centre d'aide aux réfugiés (Refugee Assistance Headquarters ou RHQ), j'ai découvert qu'il offrai des cours de japonais et j'ai obtenu un soutien pour toutes sortes.
L'une des informations qui m'ont été communiquées concernait Kalabaw No Kai, une organisation qui vient en aide aux travailleurs étrangers, aux immigrants et aux réfugiés. Elle proposait non seulement des cours de japonais, mais aussi des conférences pour comprendre la culture japonaise, auxquels j'ai assisté avec assiduité. J'ai reçu beaucoup d'aide de Kalabaw No Kai, et je leur en suis très reconnaissant.
Je parle couramment le français, mais l'anglais n'est pas facile pour moi. Les organisateurs communiquaient avec nous en anglais. Avec mon niveau d'anglais, je n'étais pas en mesure d'expliquer la situation complexe au Congo, de parler de la tragique guerre civile ou de faire comprendre ma position à ces personnes.
À un moment donné, le Kalabaw No Kai a organisé un festival visant à favoriser la communication entre les immigrants, les réfugiés, les organisateurs et la communauté. Nous espérions également gagner un peu d’argent en cuisinant et en vendant des plats. J’étais chargé de préparer un sauté de poulet à la française, un plat que j’adorais au Congo. Un professeur d’université japonais qui travaillait sur un plat s’est alors approché de moi et m’a dit : « Ces saveurs me rappellent mon enfance. » J’ai appris qu’il avait mangé ce plat en France. « Vous parlez français? », lui ai-je demandé, me servant de mon français pour lancer la conversation. Après avoir discuté avec le professeur, j’apprends qu’il connaissait bien la situation au Congo et comprenait pourquoi j’étais parti. Ainsi, il a parlé avec les autres membres du Kalabaw No Kai pour leur faire comprendre ma situation. Cela a renforcé la conviction du groupe que je devais obtenir le statut de réfugié. Finalement, nous avons trouvé un avocat et avons porté l’affaire devant les tribunaux.
Lorsque j'ai obtenu le statut de réfugié, cela faisait déjà sept ans que j'étais au Japon. Il est difficile de résumer ces années, mais je suis tellement reconnaissant d'avoir un emploi stable chez UNIQLO GINZA et d'être si confiant en l'avenir.
J’ai deux enfants, un garçon de 4 ans et un bébé de 7 mois. Ce n’est pas toujours facile la vie avec des enfants. Malheureusement, tous les deux grandiront sans connaître le Congo. L’aîné parle déjà quatre langues : le lingala (une des langues du Congo), l’anglais, le japonais et le français. C’est encore l’anglais qu’il parle le mieux, sans doute parce que les dessins animés qu’il aime le plus sont en anglais. Ma femme est plus à l’aise en français. Elle comprend l’anglais, mais elle a un peu de mal à le parler.
À Kinshasa, la langue la plus utilisée est le lingala. Dans l’est du pays, on parle plutôt le swahili, dans l’ouest le kikongo et dans le centre-ouest, le tshiluba. Dans le pays, on communique grosso modo dans ces quatre langues, mais il y a plus de 450 ethnies sur le territoire. Le lingala reste la langue qui est comprise à peu près partout au Congo.
Mais comme nous n’avons pas de livres pour enseigner le lingala aux enfants, ma femme et moi nous efforçons de parler tous les jours en lingala à la maison. Même sans livre, on peut apprendre une langue, on peut l’utiliser. J’aimerais que les enfants puissent parler le lingala, parce qu’un jour viendra peut-être où nous pourrons rentrer au Congo.
Il y a une chose que je ne peux oublier du Congo, c’est son climat. D’où je viens, nous avons un climat tropical de savane rafraîchi par la mer. C’est un peu comme si l’automne japonais se poursuivait toute l’année, c’est un climat très agréable à vivre. Quand les Portugais arrivèrent au royaume du Kongo au XVe siècle, c’est dans ma région qu’ils débarquèrent. Les relations commerciales étaient relativement égalitaires jusqu’au XVIe siècle avant que ne débute la traite des esclaves. À partir de cette période et de la colonisation européennes, le Congo sombre dans la souffrance.

De la mise en place des stocks aux retouches, Masamba s'occupe de tout dans la section des homme du magasin UNIQLO GINZA.
De retour des objets trouvés
Ce que j’aime au Japon, c’est le calme qui y règne. On prend le bus ou le train, mais les voyageurs ne parlent pas trop entre eux, c’est tranquille, serein. Au Congo, tout le monde parle à voix haute dans le bus ou dans le train, c’est très bruyant.
Et j’ai été très surpris que les gens ne volent pas les objets perdus. Une fois, jai oublié mon sac qui contenait mon portable et mon portefeuille dans le train. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai tout de suite appelé à la gare, et le personnel s’est lancé à la recherche le retrouver, mais malheureusement sans succès. Quand j’ai contacté plus tard le bureau des objets perdus, j’ai appris qu’on le leur avait rapporté.
Quand je m’y suis rendu pour retrouver mes choses, j’ai pu constater que tout y était, y compris mon portable et mon portefeuille et qu’on ne m’avait absolument rien volé! Je n’en revenais pas! Je ne peux que remercier profondément la personne qui a eu la gentillesse de le rapporter. Si cela s’était passé au Congo, je n’aurais sans doute rien retrouvé, et même si le sac avait refait surface, il aurait été vidé de son contenu, plus de portable ni de portefeuille.

UNIQLO GINZA
Aider les réfugiés en situation d'incertitude
Je travaille à la boutique UNIQLO de Ginza depuis 2017.
Voilà donc maintenant 7 ans que je travaille ici et je suis responsable des 8e, 9e et 10e étages, c’est-à-dire les collections hommes. Je suis partout, parfois je suis à la caisse, parfois je conseille la clientèle aux cabines d’essayage, parfois je m’occupe de disposer la marchandise dans les rayons. Nous accueillons beaucoup de clientèle étrangère, et je suis très occupé, mais j’apprécie mon métier, cela me plaît beaucoup.
J’ai pu faire venir ma femme du Congo. Nos deux enfants sont nés ici au Japon. Plus que tout, mon travail ici me permet d’offrir à ma famille sécurité et tranquillité d’esprit, c’est ce qu’il y a de plus précieux pour moi. Je suis arrivé au Japon pratiquement par hasard, mais je suis vraiment heureux que ce soit un pays calme et tranquille.
Je veux aider les autres réfugiés qui vivent la même situation que moi. Quand on est coincé dans les démarches administratives, on est comme dans le flou. Chaque jour est incertain. On ne sait pas ce qui va se passer. Je veux aider ces personnes, afin de rendre la gentillesse qui m'a été donnée. Loin d'être perdu, comme lors de mes premiers jours au Japon, j'ai trouvé une communauté, d'autres Africains, des Congolais qui vivent ici. Ces liens sont une source de soutien essentielle.
Chaque jour, je m'informe de la situation au Congo. Si la démocratie peut s'instaurer et que la situation se stabilise, j'aimerais ramener ma famille au pays. J'espère que ce jour viendra enfin.

Le café UNIQLO COFFEE au 12e étage de la boutique UNIQLO de Ginza et le fleuriste UNIQLO FLOWER
Comment UNIQLO recrute des réfugiés avec le programme RISE.
Pour mettre à profit ses ressources en tant qu’entreprise de vêtements, UNIQLO collecte des articles dans des boîtes de recyclage en magasins, trie ce qui peut être réutilisé et le renvoie dans des camps de réfugiés partout dans le monde, en fonction des besoins. À ce jour, plus de 54,6 millions d’articles ont été envoyés dans 80 pays et territoires (chiffres d’août 2023).
Le programme RISE (Refugee Inclusion Supporting and Empowerment) a été lancé en 2011. L'idée est d'embaucher de manière proactive des réfugiés dans les magasins UNIQLO. Les opportunités d'emploi sont essentielles pour que les personnes déplacées puissent trouver une vie stable dans leur nouveau foyer.
En partenariat avec des organisations à but non lucratif, UNIQLO organise des entretiens afin de déterminer les compétences individuelles. Toutes les personnes embauchées reçoivent une formation sur les valeurs d'UNIQLO, les techniques de service à la clientèle, ainsi que des cours de japonais (ou de la langue locale s'il s'agit d'un emploi à l'étranger).
Ce programme de formation comprend également des instructions destinées aux responsables, aux formateurs et au personnel des magasins qui souhaitent approfondir leur compréhension interculturelle.
En avril 2024, 46 employés ayant le statut de réfugié étaient employés dans 33 magasins au Japon. Cette tendance s'étend à nos magasins aux États-Unis et en Europe, ainsi qu'aux entreprises du groupe Fast Retailing. Considérer tous les employés comme faisant partie de la même équipe, indépendamment de leurs origines ou de leur nationalité, fait partie de la culture de l'entreprise.
L'intégration de personnes déplacées au sein du personnel d'UNIQLO est une façon de faire de la diversité une réalité de tous les jours.
Aider les personnes à vivre et à travailler au Japon : le Centre d'assistance aux réfugiés (RHQ)
Le centre d’aide aux réfugiés a été créé en 1979 par le gouvernement japonais afin d’accueillir des réfugiés d’Asie du sud-est (Vietnam, Cambodge, Laos). Mandatée par l’État, cette organisation offre plusieurs types d’assistance aux réfugiés et demandeurs d’asile en vue de leur installation au Japon.
Dans l’attente du traitement de leur dossier, les demandeurs d’asile entrés sur le territoire japonais qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins peuvent d’abord bénéficier d’un minimum vital, d’un logement et de la prise en charge de leurs frais médicaux pour une durée en principe de 4 mois. Cette période peut être prolongée au cas par cas, en tenant compte de facteurs tels que la maladie ou la garde d'enfants en bas âge.
En attendant que leurs demandeurs d’asile soir accordés, un statut temporaire reconductible de résidence, nommé « activités spécifiques », leurs sont délivrés pour 2 ou 3 mois. Il peut arriver qu’on leur octroie, au bout d’un an, un statut pour activités spécifiques d’une durée plus longue, avec un permis de travail. Sans permis de travail, il est difficile d’obtenir un emploi. L’attente pour obtenir le statut de réfugié est donc la période la plus compliquée pour les demandeurs d’asile.
Ceux qui obtiennent le statut de réfugié peuvent ensuite, s’ils le souhaitent, bénéficier du programme d’aide à l'intégration au Japon proposé par le RHQ. Celui-ci comprend un programme de soutien de 6 mois de cours le jour ou de 1 an de cours du soir pour apprendre le japonais et pour s'intégrer à la vie au Japon. Pour ceux qui habitent loin des centres de formation, des hébergements peuvent également leur être proposés à proximité.
Des conseils sur le mode de vie au Japon permet de se familiariser avec les coutumes locales, par exemple les formalités pour inscrire son enfant à l’école, ou encore les règles à respecter pour trier ses déchêts, qui peuvent varier d’une municipalité à l’autre. Une aide à l’embauche est également offerte pendant cette période. Le RHQ se mobilise sans relâche pour trouver des possibilité d'emploi en agissant auprès des entreprises ou des chambres de commerce et d’industrie locales.
Auparavant, les réfugiés étaient principalement originaires d’Asie, mais ces dernières années, on enregistre une augmentation des réfugiés en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique. Parmi les participants au programme d’aide à l’installation des réfugiés, beaucoup sont diplômés ou ont fait des études supérieures, avec une demande grandissante pour des métiers de plus en plus divers. Pour les aider à trouver un emploi à la hauteur de leurs talents, nous devons créer une société plus réceptive aux personnes issues de milieux culturels, religieux et sociaux divers. Mais par-dessus tout, l’essentiel est d’apprendre à se comprendre mutuellement.
Plus de 30 % du personnel d'UNIQLO GINZA est étranger. Les points de vue sont donc très variés.
L'ambiance change d'un étage à l'autre, que ce soit au café du douzième étage ou à la boutique de fleurs du premier. Thidar, membre du personnel, est un réfugié originaire du Myanmar.

Thidar, qui s'occupe de l'étage réservé aux femmes, est photographiée en train d'expliquer UTme! à notre clientèle curieuse.
À quelques minutes à pied de l'intersection Ginza 4-chome, à Ginza 6-chome, UNIQLO GINZA se distingue par la diversité de son personnel. Sur 320 employés, 110 viennent de l'étranger (en mars 2024) et trois ont été recrutés dans le cadre du programme RISE.
Les après-midis en semaine, les 12 étages du magasin de Ginza sont remplis d'une clientèle venue du monde entier. Cela reflète la diversité du personnel.
Chaque étage est organisé et décoré différemment, mais l'ensemble du magasin est baigné de lumière naturelle, ce qui rend la visite très agréable. Le 12e et dernier étage dispose d'un café tout simple avec des sofas le long d'un mur. C'est l'endroit parfait pour s'asseoir et se reposer pendant ou après le magasinage. C'est Ginza ou New York?
Bonne question. Et si on tend l’oreille pour écouter en quelle langue les vendeurs s’adressent à la clientèle, on entend bien sûr de l’anglais, mais aussi plein d’autres langues, le tout dans une atmosphère détendue, où se retrouvent notre fidèle clientèle et nos vendeurs attentionnés.
Au cinquième étage, vous trouverez un espace UTme! où vous pouvez créer des t-shirts et des sacs fourre-tout originaux à partir de vos photos et illustrations préférées. Thidar, qui travaille au comptoir, a été embauchée dans le cadre du programme RISE.
Demande d'asile rejetée
Thidar a fui le Myanmar vers le Japon en 2007.
Le Myanmar a été colonisé par la Royaume-Uni à la fin du XIXe siècle. Le pays a ensuite été occupé par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Puis, en 1948, au lendemain de la guerre, il a déclaré son indépendance sous le nom d'Union de Birmanie (rebaptisée Union du Myanmar par le gouvernement militaire en 1989).
Le Myanmar a été le théâtre de nombreux coups d'État et conflits, et le régime dictatorial se poursuit encore aujourd'hui. L'oppression et les conflits armés au Myanmar ont atteint leur apogée en 2021 et, selon le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), plus de 61 700 personnes ont cherché refuge dans les pays voisins et au-delà, tandis que plus de 2,9 millions ont été contraintes de se déplacer à l'intérieur du pays.
Lorsque la dictature a interdit les manifestations civiles en 2007, Thidar, inquiète pour sa sécurité, a contacté sa sœur et son beau-frère, qui vivaient déjà au Japon, et a quitté le Myanmar.
Une fois arrivée saine et sauve au Japon, et déposa immédiatement une demande d’asile auprès de l’Immigration, mais celle-ci fut rejetée. Elle obtint seulement un statut temporaire de résidente pour « activités spécifiques ». Ce statut permet de travailler dans des secteurs agréés par le Ministre de la Justice pour une période pouvant aller de 3 mois à 5 ans maximum. On accorda à Thidar uniquement 6 mois. Si on se présente aux services d’Immigration avant l’expiration du délai autorisé, et si, au terme d’un entretien, la situation du demandeur est jugée justifiée, il est possible de se voir accorder une prolongation de la durée du séjour.
Thidar obtint des prolongations de 6 mois de son statut de résidente pour « activités spécifiques » à plusieurs reprises, puis d’un an. Ce n’est qu’au bout de la 6e année qu’elle décrocha enfin le statut de réfugiée qui lui permettait de s’installer définitivement au Japon.
Entre-temps, elle a travaillé dans un restaurant de hamburgers et de yakitori. Au début, comme elle ne savait pas lire le japonais, elle avait du mal à apprendre le menu et à prendre les commandes sans faire d'erreurs. Ses interactions avec la clientèle lui ont appris que pour vivre et travailler au Japon, elle devait maîtriser parfaitement la langue. Un ami lui a recommandé la fondation d'aide sociale Support21, spécialisée dans l'aide à l'autonomie des réfugiés. Cette fondation propose également des cours de japonais, qu'elle a commencé à suivre, dédiant une grande partie de son temps libre à ses études.

Réunion du matin au 12e étage. C'était une matinée spéciale, car ils célébraient les 10 ans d'ancienneté d'un membre du personnel.
On recommande UNIQLO dans les cours de japonais
Alors qu'elle cherchait sa voie, Thidar a appris que sa mère, restée au Myanmar, était tombée malade. Comme elle devait envoyer de l'argent pour payer les frais médicaux, elle a connu une période très difficile financièrement. C'est à ce moment-là qu'elle a commencé à rêver à une source de revenus plus stable et à une vie plus tranquille.
Un jour, son professeur de japonais lui a demandé : « Thidar, aimerais-tu travailler chez UNIQLO ? » Elle aimait la mode et le travail l'intéressait. Thidar a pris cette recommandation comme un signe rassurant que ses compétences en japonais s'amélioraient. Support21 lui a fourni des conseils pour rédiger son CV et remplir sa candidature, l'aidant ainsi à tout mettre en place.
Une fois sélectionnée par le programme RISE, Thidar a passé un entretien pour jugé ses compétences en japonais. Peu après, elle a commencé à travailler, tout en suivant des cours de langue du programme RISE. Thidar dit qu'elle se souvient encore du mélange de soulagement et d'anxiété qu'elle a ressenti.
Les programmes de soutien aux réfugiés d'UNIQLO ont été lancés en 2011. L'entreprise, ses magasins et son personnel ont acquis une grande expérience et au fil du temps, une philosophie s'est développée. En reconnaissant que l'expérience de chacun est différente, il est possible de communiquer avec les réfugiés comme avec le reste du personnel, sans trop de traitement spécial et de les surprotéger, afin qu'ils s'habituent à la nature du travail.
Depuis plus de 20 ans, UNIQLO embauche également de manière proactive des personnes handicapées. Ce programme incarne une philosophie très similaire. Favoriser la compréhension et la coopération renforce en fin de compte l'équipe d'un magasin, améliore la communication et, par conséquent, la qualité de l'expérience d'achat, une philosophie qui a été adoptée dans toute l'entreprise.
Citoyenneté et entrepreneuriat
Thidar a été affectée à la boutique de Ginza.
En entrant dans la zone réservée aux employés, elle a constaté que les panneaux étaient rédigés à la fois en hiragana et en anglais, afin que les membres du personnel qui étudiaient encore le japonais puissent les lire facilement. Elle a trouvé rassurant que plusieurs membres du personnel étaient également des réfugiés. Mais surtout, elle était ravie de travailler dans l'industrie du vêtement.
Au début, elle était perplexe devant la fréquence à laquelle les gens lui parlaient en japonais à cause de son apparence. Ils lui parlaient comme si elle comprenait ce qu’ils disaient, mais parfois, elle ne suivait pas. « Excusez-moi, pourriez-vous répéter? » demandait-elle, et ils jetaient un coup d’œil à son badge et disaient « Oh, vous n’êtes pas japonaise », puis continuaient à parler plus lentement. Même si cela pouvait être frustrant, ce n’était pas entièrement négatif. Thidar était reconnaissante que la clientèle accepte de s’adapter à son rythme.
Elle se rappelle qu’au début, elle ne comprenait que 20% de ce qui se disait pendant la réunion organisée tous les matins. Elle s’empressait alors de poser des questions à ses collègues pour s’assurer qu’elle avait bien compris l’essentiel, et personne ne lui en tint rigueur. Elle comprit qu’il lui suffisait de poser des questions pour arriver à suivre ce qui se passait. Cela lui donna confiance en elle.
Elle a beaucoup appris. Elle a découvert ce qu'implique la réduction des déchets plastiques, l'importance de recycler les vêtements et d'envoyer ceux qui peuvent encore être portés aux réfugiés du monde entier. Travailler dans le magasin de Ginza lui a donné l'occasion d'apprendre sur le terrain et de mieux comprendre les projets de développement durable d'UNIQLO.
Thidar espère pouvoir se faire naturaliser et obtenir la nationalité japonaise. Tous les jours, elle suit les nouvelles de ce qui se passe en Birmanie, mais elle ne voit guère de signes d’amélioration de la situation. Elle s’entend bien avec ses collègues de Ginza et son travail lui plaît. Elle est maintenant bien familiarisée avec le mode de vie au Japon, et sa situation est stabilisée. Elle garde en elle ce rêve de pouvoir un jour ouvrir sa propre petite boutique de vêtements, un rêve qui la motive à obtenir la citoyenneté japonaise.
Les différences font partie de l'expérience, et nous essayons tous d'aborder les situations avec une perspective positive.
Yuki Koda
Directeur général de la boutique UNIQLO de Ginza
Au magasin UNIQLO GINZA, nous accueillons régulièrement une clientèle provenant de plus de 130 pays différents. Avant de rejoindre le magasin de Ginza, j’ai travaillé à l’étranger en tant que directeur du magasin UNIQLO à New York. Aux États-Unis, il n’est pas rare que le personnel soit composé de personnes originaires d’Amérique du Sud, de Chine, d’Europe, d’Asie ou d’Afrique. Le niveau d’anglais varie parfois, mais il est clair que tout le monde fait de son mieux, donc la barrière de la langue n’est pas vraiment un problème. Depuis mon retour au Japon, j’ai remarqué une intolérance générale envers les petites différences. Cependant, certaines critiques constructives sont une bonne chose. Si vous abordez les choses sous un angle positif, il est plus facile de s’adapter. C’est ainsi que je travaille.
Construire un espace mondial où la nationalité n'est jamais un problème.
Takaya Nagai
Directeur par intérim de la boutique UNIQLO de Ginza
Le magasin UNIQLO GINZA compte 320 employés, dont plus de 30 % viennent de l’étranger. Chaque jour, vous les entendrez aider la clientèle en japonais, en anglais et en chinois, mais aussi en coréen, en français, en russe, en thaïlandais, en mongol ou en vietnamien, selon l’équipe. Depuis peu, les clients utilisent des applications de traduction, ce qui réduit considérablement les barrières linguistiques. Chez UNIQLO, le principe de base du service est le suivant : « Servez-vous vous-même », ce qui permet aux clients de se sentir libres d’explorer le magasin. Si quelqu’un a besoin d’aide, nous lui apportons une assistance courtoise et aimable. Nous voulons construire un espace global où la nationalité n’est jamais un problème, ni pour le personnel ni pour la clientèle. Je pense que cela confère à nos magasins une atmosphère légère et décontractée où chacun peut se sentir chez soi.
Commentaires du personnel de la boutique UNIQLO de Ginza
Kayo (Japon)
Un endroit où je peux m’épanouir. Je suis reconnaissante de pouvoir continuer à travailler agréablement même en étant enceinte de 7 mois.
Gerald (Philippines)
J’ai de nombreuses occasions de servir notre clientèle en anglais ou en filipino, des langues que je maîtrise bien, ce qui me rend mon travail quotidien d’autant plus agréable.
Natalia (Russie)
Cela fait un peu plus d’un an que j’ai été transférée de Shinjuku à Ginza. J’adore cette clientèle qui vient du monde entier
Ayaka (Japon)
C’est enrichissant de communiquer au jour le jour avec des collègues de nationalité très diverses, et de pouvoir les aider le cas échéant.
Sasitorn (Thaïlande)
Il m’arrive d’entendre du thaïlandais, je me fais un plaisir d’aller adresser la parole à mes compatriotes. Je souhaite développer encore mes compétences.
Lin (China)
Je suis mère de trois enfants et je m’efforce de concilier vie professionnelle et vie familiale. Je cherche à rendre les rayons attirants pour tous.
Yuiko (Japon)
Je m’efforce de créer un environnement agréable pour notre clientèle bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui y travaillent.

Directeur, formateurs, collaborateurs de longue date ou employés du programme RISE, chacun a des fonctions différentes mais tout le monde partage la même ambiance.
UNIQLO GINZA
Addresse : 1F-12F, Ginza Komatsu East Wing, 6-9-5 Ginza, Chuo-ku, Tokyo
Heures d'ouverture : 11 h – 21 h
Collections: FEMME, HOMME, ENFANTS, BÉBÉ, MATERNITÉ
Accès : 4 min. à pied de la sortie A2 de la station de métro Ginza
Respecter la dignité humaine, avancer ensemble et se soutenir mutuellement.
Ayaki Ito
Représentant du bureau du HCR au Japon
Depuis la création du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, dans le but d'apporter aide et solutions aux réfugiés fuyant les ravages de la Seconde Guerre mondiale en Europe, la situation mondiale des réfugiés a considérablement évolué au cours des sept dernières décennies. Le nombre de personnes contraintes de fuir leur foyer en raison de conflits, de persécutions, de violences ou de violations des droits humains atteint aujourd'hui 110 millions dans le monde.
Au même moment, les valeurs de tolérance et d’hospitalité qui prévalaient à l’encontre des personnes réfugiées commencent à s’effriter dans les pays d’accueil. On constate depuis les années 2000 une tendance à privilégier l’unilatéralisme et son propre pays plutôt que la coopération internationale. Même les pays qui ont une longue tradition de soutien matériel et moral aux réfugiés éprouvent du mal à jouer ce rôle ces derniers temps. On entend souvent remonter des craintes et des inquiétudes concernant l’arrivée de réfugiés qui pourraient causer des frictions et des divisions dans le pays d’accueil.
J'imagine qu'au Japon, lorsque les gens entendent le mot « réfugié », beaucoup ont encore de la sympathie à leur égard, mais pensent qu'ils ne peuvent rien faire et considèrent cela comme un problème insurmontable. De plus, lorsqu'ils entendent des mots tels que « guerre civile » et « politique », ils peuvent penser qu'il vaut mieux rester à l'écart de la question.
Le Japon n’a certes pas connu de guerre civile depuis la fin de la guerre. Pourtant, la population nipponne sait bien ce qu’est une catastrophe naturelle et est bien consciente de ce que représente le risque de tout perdre, y compris sa maison, et d’être obligé de vivre dans un refuge. Je suis sûr que tout le monde connaît ce sentiment.
En ce sens, cela ressemble beaucoup au vécu des réfugiés, qui jusque-là menaient une vie tranquille, et qui subitement se voient privés de tout ce qui faisait leur quotidien, et se retrouvent forcés de quitter leur région natale. J’invite à faire ce parallèle pour mieux comprendre ce que signifié être réfugié.
En tant qu'agence humanitaire, le HCR apporte une aide immédiate aux personnes déplacées dans les pays touchés par des conflits ou dans les pays voisins où elles ont fui.
Mais l’urgence ne résout pas tout. Quand les situations perdurent et que les réfugiés ne peuvent rentrer chez eux, ils vont chercher à se construire une nouvelle vie dans un environnement où la langue et la culture sont différentes de ce dont ils ont l’habitude. Dans ce cas, il est important que le pays d’accueil aussi élabore des politiques, aussi bien au niveau de l’État qu’au niveau des collectivités locales, pour les aider dans ce nouveau départ. Sans le soutien, l’expertise et les connaissances d’institutions spécialisées, les réfugiés risquent rapidement de se retrouver isolés et dans l’impossibilité de s’en sortir. Leur avenir et leur sécurité dépendent bien sûr du soutien des gouvernements, mais aussi de celui de la société dans son ensemble.
J'ai une grande confiance dans le pouvoir du secteur privé. J'espère que davantage d'entreprises suivront l'exemple du programme RISE (Refugee Inclusion Supporting and Empowerment) d'UNIQLO, qui aide les réfugiés à devenir autonomes. Ce programme permet aux réfugiés d'acquérir les connaissances linguistiques, culturelles et coutumières nécessaires pour vivre de manière indépendante et participer activement à l'amélioration de la communauté locale en tant que membres actifs de la société. L'approfondissement de la compréhension mutuelle et le soutien réciproque auront des effets positifs bien plus importants que nous ne pouvons l'imaginer.
Une fois qu’on a trouvé sa place dans la société, notamment à travers l’emploi, le terme « réfugié » n’a plus lieu d’être. Il s’agit simplement de respecter la dignité humaine, d’avancer ensemble, de se soutenir mutuellement. À partir du moment où chacun peut mettre en valeur ses capacités, c’est la communauté tout entière qui en bénéficie.
En tant que membres de la société, nous voulons tous que nos communautés progressent et soient durables. Pour cela, il nous faut des structures sociales capables d’accueillir de façon sûre les réfugiés. Je lance un appel à votre solidarité.